Sommaire infos écolo


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15/10/04                    Wangari Maathai : une écologiste prix Nobel de la paix

Une Africaine prix Nobel c'est déjà rare mais une écologiste prix Nobel de la paix c'est encore plus rare et Wangari Maathai associe les deux.

La performance mérite d'être saluée car ce prix est une aussi une reconnaissance de l'écologie comme élément de paix.
En tant que Ministre, rebelle et combattante politique, cette africaine démontre que l'écologie est avant tout un combat politique et non une activité associative tout court. Bien des hommes politiques en France souhaiteraient que l'Ecologie reste dans le domaine des associations et n'empiète sur leur pré carré. Wangari Maathai leur apporte un démenti.

Cette africaine vétérinaire de formation a autant lutté dans sa vie pour les droits de son peuple (les Kikuyus, pionniers de l'indépendance du Kenya et rapidement asservis par les autres peuples), que pour les droits des femmes ou pour les droits de la Nature. Elle a présidé plusieurs associations en faveur de la reforestation non seulement pour que la Nature reprenne ses droits mais pour que l'habitat de son peuple ne soient pas détruit. Son combat est la preuve que la Nature n'est pas dissociable des hommes et des cultures, même si son caractère excessif l'a conduite a défendre l'excision des femmes comme élément de la tradition de son peuple.

Ce qui frappe chez cette femme c'est son refus de la soumission. Même quand le pouvoir a essayé de la récupérer en lui offrant des situations que beaucoup en Afrique aurait accepté en échange de la liberté, elle n'a pu rentrer dans le rang " des soumises ".

Toute attribution du prix Nobel est porteuse d'un message politique de Yasser Arafat et Anouar El Sadate à Nelson Mandela en passant par le Dalai Lama ou la centre-américaine Minchu. Mais qu'elle peut bien être la signification de l'attribution de ce prix à Wangari Maathai ? Est-ce que les vénérables membres du Jury suédois ont été touchés par la grâce ecologique, par la condition de la femme africaine ou bien encore par la détresse de ce continent qui se trouve de plus en plus a l'écart des grandes routes commerciales lesquelles suivent plutôt les traces de Marco Polo que celles de Livingstone ?

MV

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17/09/04                      Une nouvelle technique qui permet de détecter des COV

Des chercheurs de l'université de Leicester en Angleterre ont développé une nouvelle technique qui détermine, très rapidement, la composition de l'air.

Cette technique, développée par le département de Chimie de l'Université de Leicester et dirigées par les docteurs Monks et Ellis, possède des champs d'applications notamment dans les domaines environnementaux et médicaux. Elle utilise un spectromètre de masse qui permet de détecter des mixtures complexes de Composés Organiques Volatils (COV).

La famille des COVs regroupe plusieurs milliers de composés (hydrocarbures, solvants, ...) aux caractéristiques très variables. Ils ont un impact direct sur la santé (certains sont toxiques ou cancérigènes). Ce sont des gaz et des vapeurs qui contiennent du carbone, comme les vapeurs d'essence et des solvants. Ils interviennent dans le processus de formation d'ozone dans la basse atmosphère et participent donc au réchauffement de la planète. Ils entrent dans la composition des carburants mais aussi de nombreux produits courants : peintures, encres, colles, détachants, cosmétiques, solvants...pour des usages ménagers, professionnels ou industriels (pour ces raisons, leur présence dans l'air intérieur peut aussi être importante et sont émis lors de la combustion de combustibles (notamment dans les gaz d'échappement), ou par évaporation lors de leur fabrication, de leur stockage ou de leur utilisation. Ils peuvent être émis également par le milieu naturel (végétation méditerranéenne par exemple) et certaines aires cultivées.

Les effets des COVs sont très variables selon la nature du polluant envisagé. Ils vont d'une certaine gène olfactive à des effets mutagènes et cancérigènes (Benzène (C6H6), certains Hydrocarbure Aromatique Polycyclique (HAP)), en passant par des irritations diverses, une diminution de la capacité respiratoire et présentent des risques pour la santé publique dans des constructions mal ventilées. Ainsi, la demande concernant les machines permettant d'analyser la composition des COVs dans l'air est en pleine expansion.

Par ailleurs, certains scientifiques voient aussi, dans cette technique,des applications dans les domaines de la médecine. En effet, les COVs étant produits naturellement par le corps et libères en expirant, la présence ou l'absence de certaines de ces composants peut être un indicateur rapide de certaines maladies.

Pollution de l'air - Publiée le : 13/09/2004 (Actu environnement)


07/09/04                    600 000 foyers rejettent dans la nature leurs eaux usées

Le numéro 93 des « données de l'environnement » publiés par Institut Français de l'ENvironnement (IFEN) synthétise les données de l'enquête Ifen/Scees 2001 auprès des communes concernant l'assainissement des eaux.

Selon, l'ifen, un peu plus de 5,7 millions de logements ne sont pas raccordés, dont la moitié dans des communes de moins de 1 000 habitants. Les deux tiers de ces logements sont implantés dans des communes qui ont déjà réalisé un assainissement collectif sur une partie de leur territoire. Cinq millions de logements sont équipés d'un dispositif d'Assainissement individuel et 600 000 autres logements environs déversent encore directement leurs eaux usées dans le milieu naturel.

Le raccordement à un réseau d'assainissement collectif concerne tout de même 23,5 millions de logements en 2001, soit huit logements sur dix mais plus de 90 % des logements sont raccordés dans les communes de plus de 10 000 habitants et moins de 30 % dans les communes de moins de 400 habitants et il est souvent mal connu.

En effet, la connaissance du réseau est nécessaire pour l'entretien et, éventuellement, le renouvellement des ouvrages mais 9% des communes, représentant 17 % de la longueur du réseau, ne savent pas estimer la part des canalisations datant d'avant 1980.
Pour les autres, globalement, près d'un tiers des canalisations a été posé après 1980 (près de la moitié dans les communes de moins de 400 habitants).
Au cours de l'année 2001, on estime que 2 100 km de canalisations ont été remplacés, soit 1 % seulement de la longueur des tuyaux posés avant 1980.

Enfin, en application de la loi sur l'eau de 1992, les communes doivent prendre en charge le contrôle des systèmes d'assainissement non collectif, grâce à un nouveau service public qui doit être mis en place au plus tard le 31 décembre 2005. Elles doivent en particulier contrôler les réalisations des nouvelles installations, la qualité des installations existantes et vérifier que les particuliers assurent bien l'entretien périodique des dispositifs, notamment la vidange des fosses. En 2001, environ 13 500 communes avaient assuré un contrôle technique de l'assainissement autonome neuf sur leur territoire : 37 % des communes de moins de 10 000 habitants et 43 % des communes de taille supérieure.

(Mis en ligne par EB)


03/09/04               La France encore parmi les mauvais élèves de l'environnement

C'est dans les secteurs de l'eau, des déchets, de la protection de la nature et des évaluations des incidences sur l'environnement que l'on enregistre le plus grand nombre de carences et la France est encore parmi les mauvais élèves concernant l'application du droit communautaire environnemental.

La cinquième étude annuelle de la Commission européenne publié le 17 août dernier fait ressortir que plusieurs États membres ont pris du retard dans la transposition des Directives de l'Union européenne. En effet, à la fin de 2003, la Commission relève 88 cas dans lesquels les directives relatives à l'environnement n'ont pas été transposées à temps. Dans 118 cas, les directives n'ont pas été correctement transposées et, dans 95 cas, les États membres ont manqué aux obligations «secondaires» imposées par les directives, par exemple en ne respectant pas les délais pour la présentation de certains plans, la soumission de données ou la désignation de zones protégées. Le nombre de procédures d'infraction en cours pour violation du droit communautaire de l'environnement était de 509 et le nombre de nouvelles plaintes de 505, au cours de la période.

Les moins bons élèves se situent au sud de l'Europe : c'est le cas de la France (38 manquements) , la Grèce (26), l'Irlande, l'Italie et l'Espagne qui affichent les plus mauvais scores. Les meilleurs élèves sont le Danemark, avec seulement 5 manquements, suivis de la Suède.

En ce qui concerne la France, c'est dans les secteurs de l'eau, de l'air, des déchets et de la protection de la nature qu'elle enregistre le plus grand nombre de carences.

En effet, le 13 juillet dernier, la Commission décide de poursuivre la France devant la Cour européenne de justice en raison de la présence de décharges «illicites» et «non contrôlées». Bruxelles a recensé 8 434 sites non conformes aux normes communautaires. Bruxelles a aussi engagé une série d'autres procédures contre la France pour non-respect des règles en matière de protection de l'environnement. La Commission estime que Paris n'applique toujours pas correctement la directive européenne Natura 2000 sur la protection des espèces et des habitats naturels.

Le 8 juillet dernier, la Commission avait aussi adressé un premier rappel à l'ordre aux Etats membres qui n'appliquaient pas correctement les mesures de lutte contre la pollution de l'eau fixée par une directive de 1991 et avaient reçu une mise en demeure pour l'insuffisance de son programme de lutte contre la pollution de l'air : plans locaux de réduction des émissions dans les zones à forte concentration de dioxyde d'azote et de particules qu'ils sont tenus de préparer par la directive-cadre de 1996, limitation de l'utilisation du Bromure de méthyle, etc...

Commentant le rapport, Margot Wallström, commissaire responsable de l'environnement, a déclaré : Au cours de mon mandat, j'ai été frappée par le grand nombre de plaintes qui nous ont été transmises par des citoyens, des ONG et des membres du Parlement concernant des manquements au droit communautaire de l'environnement. Cette étude montre que ces inquiétudes sont justifiées : la mise en œuvre de la législation environnementale de l'UE n'est pas satisfaisante. J'espère que les conclusions de cette enquête inciteront les États membres à s'amender et à garantir à leurs ressortissants le niveau de protection de l'environnement qu'ils réclament.

Le but de l'étude annuelle est de fournir au public une information systématique, fiable et transparente sur le respect de la législation communautaire de l'environnement par les États membres. Elle contribue à réaliser les objectifs de la convention d'Arrhus de 1998, qui vise à donner aux citoyens un accès à l'information sur l'environnement et à leur permettre de participer au processus décisionnel et de demander réparation devant les instances judiciaires dans ce domaine.

(Mis en ligne par EB)


Août 2004                                Génération Ecologie au Mexique

Traduction : Des volontaires internationaux arrivent sur les côtes de Tecolutla

Afin de participer au projet de l'association « Vida Millenaria », des
investigateurs et conservateurs de différents pays sont arrivés sur la côte
de Tecolutla au Mexique pour protéger les tortues marines.

Le coordinateur de l'association « Vida Millenaria », Fernando Manzano
Cervantes, nous explique que ces volontaires ont pour but d'aider au
programme de protection de l'espèce.

Ce programme qui réunit des volontaires de différents pays comme le Japon, l
'Allemagne, les Etats-Unis, la France, le Canada, le Danemark ou encore la
Finlande, est permanent dans la région.

Leticia Segura, administratrice du projet, signale qu'en l'espace de deux
semaines les volontaires contribuent au projet en apportant leurs
connaissances et de nouvelles idées.

En effet, Fabian Mauermann (Allemagne), Katri Blombster (Finlande), Susanne
Mortensen (Danemark) et Jeanne Lefebvre (France -Génération Ecologie
Haute-Normandie-) se sont rencontrés au sein de l'association « Vida
Millenaria » et pour la prochaine saison ils espèrent être relevés par une
commission Japon-Etats-Unis.

Nous espérons que l'arrivée des volontaires internationaux a contribué à
fortifier les programmes d'aide aux tortues marines et en même temps à
attirer l'attention des grandes instances gouvernementales sur la nécessité
de préserver l'espèce.

(Envoyé par Gaëtan Bazire - GE 27)


Juillet 2004                                               Déchets / Recyclage :
                                 exemple d'intégration de l'Environnement dans le bâtiment

Imperbel, société belge, commercialisent des membranes d’étanchéité de toiture appelées Derbigum. Ces membranes à base de polyoléfines atactiques thermoplastiques (30%) et de bitume (70%) sont produites à hauteur 17 millions de m2 par an pour le bâtiment ou le génie civil. Par exemple, les Petronas Towers, double gratte-ciel le plus haut du monde à Kuala Lumpur, le Chicago Sears Tower ou les ouvrages d'art du tracé belge du TGV ont utilisé du Derbigum sur leurs toitures …

Plusieurs déclinaisons sont disponibles pour s’appliquer tantôt à chaud, par fixations mécaniques et tantôt à froid sur surfaces horizontales, inclinées ou verticales et ce, sur de nombreux supports : dalles de béton et support ciment, bacs aciers, béton cellulaire autoclavé, hourdis préfabriqués, panneaux bois et voliges, panneaux isolants et, bien entendu, les anciennes étanchéités, ardoisées ou non…

Cette entreprise a réussi à allier activité du bâtiment et démarche environnementale notamment sur le site de production de Perwez en Belgique. Outre ses différentes certifications qualité (démarches ISO 9002 depuis 1993 et désormais ISO 9001 version 2000), le site est également certifié ISO 14001 et EMAS (Environmental Management and Audit System en français Système de Management Environnemental et d'Audit (SMEA)) depuis 1998.
Parmi les actions menées pour la protection de l'Environnement, l'entreprise a décidé d'installer une hotte spéciale sur les citernes des camions qui déchargent le bitume afin de conduire directement les vapeurs au système de lavage des fumées, des unités d’épuration et de traitement des eaux usées et un oxydeur thermique destiné à réduire les dégagements de monoxyde de carbone (CO) et Dioxyde de carbone (C02). Elle a par ailleurs demandé à ses fournisseurs de réduire la quantité des emballages.
Mieux, l’entreprise a investi en 1997 dans une machine conçue par son département R&D et nommée Macalusor. Cette machine, outre le fait qu'elle a permis l'emploi de 3 personnes supplémentaires, recycle intégralement les déchets de production du site (capacité actuelle de traitement de 400 kg/heure avec possibilité de monter jusqu’à 2.000 kg/heure) soit 400 tonnes/an.

Par ailleurs, IMPERBEL fait des recherches sur le recyclage de membranes en fin de vie.

(Publié le 22/07/04)


23 juin 2004                                                               NEWS NEWS NEWS ...                                   

Bonne nouvelle

Avec le solaire, on va pouvoir réellement éclipser le nucléaire.

Je viens de lire dans un quotidien que le laboratoire EDF-CNRS-ENSCP vient de mettre au point, une nouvelle photopile dont le rendement est d'ores et déjà de 10%. Sa fabrication très astucieuse porte le kWh à 0,15 euro, ce qui le rend tout à fait compétitif avec les autres modes de production d'électricité. Affaire à suivre ou plutôt à pousser, à diffuser, pour que cette invention soit rapidement mise en œuvre.

Triste nouvelle

Dans ce même quotidien, j'apprends que 135 millions de personnes dans le monde, vont devoir fuir leurs terres, pour cause de désertification. Il serait temps de songer à diffuser des méthodes de culture respectueuses de la nature et surtout d'entreprendre de mater l'explosion démographique, cause essentielle de cette désertification. Dans ce domaine, il y a également des progrès. Il existe, depuis peu, une méthode de stérilisation tout à fait fiable et facile à réaliser, qui se fait par les voies naturelles et qui nécessite, tout au plus, une petite anesthésie locale. Mais dès qu'on parle de limiter le nombre d'enfants, mettons, à 3 par femme, on reçoit une volée de bois vert. C'est bien plus malin de laisser la population humaine croître sans contrainte et aggraver la désertification, quitte à ce que cela entraîne la mort de centaines de milliers de personnes, dans des souffrances atroces…

(Michel EVRARD  Génération Ecologie Haute-Savoie)


21 avril 2004                                      Bulletin des Négociations de la Terre

            Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

Vol. 05 No. 202
Mardi, 20 avril 2004

LES FAITS MARQUANT DE LA CDD-12:

LUNDI 19 AVRIL 2004

La CDD-12 a entamé l'examen de l'ensemble thématique de son cycle de mise œuvre pour 2004/2005, se focalisant sur l'eau, l'assainissement et les établissements humains. Le matin, les délégués ont entendu les allocutions d'ouverture, les rapports des principales réunions intersessions, et des déclarations générales. Ils ont entendu également, des déclarations sur l'évaluation de la mise en application du plan d'action 21, du Programme de la suite de la mise en œuvre du Plan d'action 21, et du PMAJ. L'après-midi, les délégués se sont engagés dans un débat sur le thème de l'eau, examinant les questions ayant trait à l'état d'avancement de la mise en œuvre des ODM et des objectifs du PMAJ, et de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE).

LES DECLARATIONS D'OUVERTURE

Le Président de la CDD-12, Børge Brende, ministre norvégien de l'environnement, a déclaré qu'il s'agit là de la première session tenue dans le cadre du nouveau programme de travail pluriannuel, adopté à la CDD-11, et la toute première session de la CDD non consacrée à la négociation. Il a mis en exergue le rôle de la Commission en tant que “chien de garde” des progrès accomplis dans la mise en œuvre des objectifs du SMDD.

Le Prince William Alexandre d'Orange, des Pays-Bas, a déclaré que l'eau sous-tend la plupart des ODM et que la CDD-12 devrait “prouver au monde” que des progrès tangibles peuvent être accomplis dans ce domaine. Il a mis en relief le rôle clé de la GIRE, et a appelé, entre autres, au renforcement des capacités institu­tionnelles et humaines.

José Antonio Ocampo, Sous-secrétaire général chargé des affaires économiques et sociales, a présenté les rapports du Secrétaire Général concernant l'eau, l'assainissement et les étab­lissements humains. Il a identifié l'assainissement rural, l'hygiène, le traitement des eaux usées, la qualité de l'eau et la GIRE, comme étant des domaines nécessitant une grande attention.

Klaus Töpfer, directeur exécutif du PNUE, a déclaré que le SMDD a laissé en héritage, un sens de direction clair, et a souligné la nécessité pour la CDD de traiter de la mise en application, de la régionalisation et des partenariats. Il a indiqué que la CDD-12 peut devenir une étape importante vers le changement des conditions de vie des pauvres.

Anna Tibaijuka, directrice exécutive d'HABITAT, a souligné que le processus de la CDD a une base plus large et est plus tourné vers l'action qu'auparavant. Notant qu'un “combat” pour la concré­tisation des objectifs dans les domaines de l'eau et de l'assainisse­ment, doit être “mené” dans les établissements humains, elle a indiqué que la CDD-12 peut devenir un tremplin pour l'action locale.

Zephirin Diabre, administrateur associé du PNUE, a identifié le rôle catalytique de l'eau, en tant que point d'entrée pour le soutien des pays en développement dans la lutte contre la pauvreté et dans la réalisation des ODM. Il a appelé la CDD à s'assurer de la mise en application, du suivi et de l'établissement des rapports relativement aux ODM et aux objectifs du SMDD.

Abdellah Benmellouk, du Maroc, a présenté un rapport sur la Réunion de Marrakech sur les Modes Durables de Production et de Consommation, tenue en juin 2003, notant que les participants y ont souligné le besoin d'une coopération internationale, de l'échange d'information et de partenariats, et a mis en relief le rôle des pays industrialisés en tant qu'exemples.

Rashid Alimov, du Tadjikistan, a présenté les conclusions du Forum international de Dushanbe sur l'Eau, tenu en août/ septembre 2003. Il a indiqué que les participants y ont identifié le besoin de mettre en place des mécanismes économiques, des sélec­tionner les technologies nécessaires à l'optimisation de la gestion de l'eau, et d'harmoniser les intérêts des pays gérant des fleuves transfrontières.

Damla Yesin Say, de Turquie, a présenté à la session un rapport sur l'atelier d'Istanbul consacré au thème de la Gouvernance au service de la mise en application des résultats du SMDD dans les pays en transition économique, tenu en août 2003, qui, a-t-il précisé, a recommandé un accroissement de la transparence et une amélioration de la participation de la société civile.

Bjørn Skogmo, de la Norvège, a présenté le rapport de la conférence internationale sous le thème “de l'eau pour les plus pauvres,” tenue à Stavanger, en novembre 2003, signalant que la réunion a formulé des recommandations appelant à l'octroi d'une priorité à l'approvisionnement en eau salubre, à l'amélioration de la gouvernance dans le domaine de l'eau, à l'accroissement des financements, et à l'impulsion du renforcement des capacités.

Alberto Gagliardi, Italie, a présenté le résultat du Forum International sur les Partenariats au service du Développement Durable, tenu à Rome, en mars 2004. Il a indiqué que les partici­pants y ont identifié la nécessité pour le secteur public de faciliter les capacités locales pour les partenariats, de s'assurer de la trans­parence et de mettre en place des stratégies et des cadres juridiques clairs pour encourager la participation du secteur privé.

Zhang Yishan, Chine, a présenté un rapport sur le Forum de la région Asie-Pacifique des Nations Unies sur le Leadership: Dével­oppement Durable des Villes, tenu en février 2004 à Hong Kong, et a indiqué que la réunion a adopté la Déclaration de Hong Kong concernant le Développement Durable des Villes.

Le Président du conseil d'administration du PNUE (CA), Arcado Ntagazwa, Tanzanie, a présenté un rapport sur les résultats de la huitième Session Extraordinaire du CA, tenue à Jeju, en République de Corée, en mars 2004. Il a introduit “l'Initiative de Jeju” adoptée par les ministres, qui souligne, entre autres, la néces­sité pour la GIRE d'intégrer une approche basée sur les écosystèmes, pour la réalisation des ODM et des objectifs du SMDD.

Après ces rapports, le Qatar, au nom du G-77/CHINE, l'Irlande, au nom de l'UE, les ETATS-UNIS, l'AUSTRALIE et d'autres ont présenté de brèves remarques d'ouverture, reconnaissant le travail préparatoire accompli par le Secrétariat et le Bureau. La FEDERA­TION DE RUSSIE a appelé à une synchronisation de la mise en application des objectifs du SMDD dans les différentes régions, tout en tenant compte de leurs spécificités. La République Popu­laire Démocratique du Laos, au nom des PAYS EN DEVELOPPE­MENT ENCLAVES, a mis l'accent sur leurs circonstances particulières et leurs vulnérabilités, et a exprimé son soutien en faveur des PEID. L'INDONESIE a souligné l'importance de l'aide internationale et de l'instauration d'un environnement favorable à la mise en œuvre des résultats du SMDD. L'AFRIQUE DU SUD a mis en relief le besoin de se concentrer sur la levée des obstacles entravant la réalisation des objectifs du SMDD, et a appelé à la conduite d'un examen critique de la coopération inter-agences. Le JAPON a mis en exergue le 3ème Forum Mondial sur l'Eau, tenu à Kyoto, en mars 2003. Le représentant du COMMERCE et de l'INDUSTRIE a souligné le rôle important du monde des affaires dans le traitement de la pauvreté et de l'eau et a mis en relief la nécessité de conditions adéquates pour le “cadre politique ”. Les AGRICULTEURS ont mis en relief les liens existant entre les thèmes de la CDD-12, et ont souligné le besoin d'un renforcement des capacités au sein des organisations d'agriculteurs.

REVUE GENERALE DE LA MISE EN APPLICATION DU PLAN D'ACTION 21, DU PROGRAMME DE LA SUITE DE LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN D'ACTION 21, ET DU PMAJ

Le G-77/CHINE et l'UE ont déclaré que la CDD-12 doit se focaliser et renforcer les activités visant à concrétiser les ODM et les objectifs du SMDD, examiner les progrès accomplis, et identi­fier les défis, les contraintes et les obstacles rencontrés dans la mise en application. Le G-77/CHINE a également appelé la commu­nauté internationale à devenir plus réactive aux besoins des pays en développement, en particulier, dans le domaine des moyens d'exécution.

DISCUSSION THEMATIQUE SUR L'EAU

La séance de l'après-midi était présidée par le Président Brende et le Vice-président Bruno Stagno Ugarte (Costa Rica).

Etats d'avancement de la mise en œuvre des ODM et des buts et objectifs du PMAJ: Alvaro Umaña, du PNUD, a mis l'accent sur la lenteur des progrès accomplis dans la mise en œuvre des ODM relatifs à la fourniture de l'eau potable salubre, en parti­culier, en Afrique subsaharienne et en Asie centrale. Il a souligné l'importance de l'établissement des rapports et du suivi, en particu­lier, en vue de l'évaluation des ODM, prévue en 2005.

Roberto Lenton, du Groupe de travail sur les ODM, chargé et l'Eau et de l'Assainissement, a déclaré qu'à moins de multiplier les efforts, les ODM et les objectifs du PMAJ ne seront pas concrétisés. Il a parlé du besoin d'une volonté politique, et a suggéré la mise en place de mécanismes, tels que les charges d'usager, les subventions transversales, et l'accroissement de l'APD, pour le traitement des contraintes financières.

Le Débat: Dans le débat qui a suivi, la CROATIE, la COLOMBIE, l'INDONESIE, le KENYA et d'autres ont présenté des rapports sur les activités nationales dans le domaine de l'eau, se focalisant sur les obstacles rencontrés et les progrès accomplis dans la concrétisation des ODM. ISRAËL a mis en relief les mesures prises pour résoudre sa crise dans le domaine de l'eau, à travers le recyclage des eaux usées, la construction d'usines de dessalement, et l'achat d'eau douce.

L'IRAN a déclaré que le défi à relever n'est pas celui de la bonne gouvernance, mais des voies et moyens de concrétiser les ODM, et a fait part de ses réserves quant au risque de voir les fonds bilatéraux se détourner des partenariats. L'UE a déclaré que la mauvaise gouvernance est une contrainte de taille, et a souligné l'importance du renforcement des capacités et du transfert des tech­nologies à l'échelon local et régional. L'EGYPTE et le ROYAUME-UNI ont souligné l'importance d'avoir des solutions adaptées aux conditions locales. Le MEXIQUE a souligné l'univer­salité du droit à l'eau, et la FEDERATION DE RUSSIE a parlé du contrôle exercé par le gouvernement fédéral sur les ressources en eau. Les AGRICULTEURS ont proposé la formation d'un organe international chargé de l'eau, pour l'arbitrage dans les désaccords. Les SYNDICATS ont fait part de leurs réserves quant au risque de voir la mise en œuvre se focaliser sur les partenariats et s'éloigner des cadres négociés à la CNUED. Umaña a souligné l'importance de la bonne gouvernance pour la résolution des crises dans le domaine de l'eau.

CUBA, avec plusieurs pays en développement, a souligné que les ODM relatifs à l'eau, ne sauraient être réalisés sans engage­ments financiers. L'EGYPTE a mis en relief la nécessité de s'assurer que les pays reçoivent des ressources de manière transpar­ente, et a indiqué que les gouvernements doivent jouer un rôle dans la création des conditions encourageant l'investissement du secteur privé. L'UE a déclaré que des mécanismes de financement inno­vants sont nécessaires pour parer à l'absence des investissements gouvernementaux et du secteur privé, et a souligné le besoin d'examiner la manière dont l'utilisation de l'APD disponible pour­rait être optimisée. Le délégué des ETATS-UNIS a souligné le besoin de résoudre les problèmes concrets, de rendre l'investisse­ment dans le domaine de l'eau, attrayant pour le secteur privé, et d'intégrer l'eau dans les objectifs de développement et les stratégies de réduction de la pauvreté. Le NIGERIA et le LIBAN ont parlé des difficultés rencontrées dans la motivation du secteur privé pour l'investissement dans les services de l'eau. Le BURKINA FASO a déclaré que le secteur privé a montré son intérêt pour les profits tirés de la fourniture de l'infrastructure aux pauvres, au cours du 3ème Forum Mondial sur l'Eau. Le FORUM MONDIAL DES POPULATIONS VIVANT DE LA PECHE a parlé de la priorité accordée aux intérêts économiques au détriment de l'intérêt public, dans l'allocation de l'eau, en Inde. Le JAPON a appelé la CDD à se focaliser sur l'éducation en matière de développement durable, en particulier, à l'échelon local. La COMMUNAUTE SCIENTI­FIQUE ET TECHNOLOGIQUE a déclaré que des études interdis­ciplinaires sont requises pour élucider les liens entre l'utilisation de l'eau par l'Homme et la capacité de l'environnement à fournir des services. L'AFRIQUE DU SUD a souligné que le progrès accompli dans l'approvisionnement en eau n'est pas toujours accompagné d'un progrès dans le domaine de l'assainissement. La SYRIE a indiqué que les limites des ressources en eau peuvent aggraver les conflits et a souligné la nécessité d'améliorer la coopération dans le domaine des ressources en eau.

LA GIRE: Lenton a présenté un rapport sur l'étude, qui a été menée par le Global Water Partnership, sur l'évolution des straté­gies de la GIRE. Il a identifié un besoin clair de ressources finan­cières additionnelles pour les pays les plus pauvres, et a suggéré que les pays utilisent les ODM, comme point de mire de la GIRE.

Jerson Kelman, de l'agence nationale brésilienne des eaux, a souligné que le processus décisionnel de la GIRE, devrait être décentralisé et devrait intégrer l'ensemble des parties prenantes. Il a identifié les défis à relever dans la gestion des ressources en eau à l'échelle du bassin versant, dans le cadre de la structure politique fédérale.

Conall O’Connell, du département australien de l'environne­ment et du patrimoine, a présenté l'Initiative Nationale dans le domaine de l'eau, qui traite des arrangements relatifs à la gouver­nance et reconnaît le besoin de soutenir les communautés dans la gestion de l'eau.

Le Débat: Le JAPON, le COSTA RICA, le BURKINA FASO, l'EGYPTE et la REPUBLIQUE DE COREE ont traité des éléments de leurs plans nationaux respectifs dans les domaines de l'eau et de l'environnement. La SUEDE a appelé à la promotion de l'échelon local et à la fourniture de subventions aux pauvres. Le délégué des ETATS-UNIS a souligné le besoin de créer un environnement favorable à l'action et à la prise de décision locale. La SUISSE a indiqué que les écosystèmes devraient être considérés comme “l'infrastructure de base” de l'approvisionnement en eau et l'assain­issement. L'UE a souligné l'importance de la collecte des données et du suivi, et a déclaré que les plans de GIRE devraient inclure des mesures traitant de la gestion des terres humides, de la qualité de l'eau, des changements climatiques, et de la gestion des eaux trans­frontalières. Le porte-parole des SYNDICATS a mis en garde contre la privatisation de l'eau et a encouragé les Nations Unies à poursuivre les travaux sur la définition de l'eau comme un droit de l'Homme. Les AGRICULTEURS ont attiré l'attention sur le besoin de la sensibilisation et de la conscientisation.

DANS LES COULOIRS


Comme l'a souligné le Président de la CDD-12, Brende, dans sa déclaration d'ouverture, cette session de la CDD constitue le point de départ du nouveau programme de travail pluriannuel de la Commission et est sa toute première session non consacrée à la négociation. Compte tenu du nombre important de négociateurs chevronnés, présents, plusieurs participants se sont dits curieux de savoir ce qui va émaner de ces deux semaines de travail, ce à quoi ressembleront les résultats de cette session évaluative, et comment ces résultats viendront s'intégrer dans la session politique de la CDD-13. Les réactions aux discussions thématiques ont été mitigées, certains délégués déclarant avoir apprécié les échanges enthousiastes, et d'autres indiquant avoir souhaité davantage de dialogues interactifs et moins de déclarations préparées à l'avance. Cette journée a été la journée des “premières” pour la CDD, et il reste à voir maintenant comment les participants s'y prendront pour faire, comme l'a souligné le Président Brende, le meilleur usage des deux semaines à venir, à “examiner de manière sérieuse et honnête la manière dont nous sommes en train d'avancer.”


11 avril 2004                               L'Amazonie a perdu 23.750 km2 de forêts en un an

BRASILIA 08/04 (BELGA/AG) = L'Amazonie brésilienne a perdu 23.750 km2 de forêts d'août 2002 à août 2003, un territoire de la taille de celui de la Sardaigne approximativement, un niveau de déboisement encore "intolérable", a indiqué mercredi soir le gouvernement brésilien. Les déboisements sont 2 pc supérieurs à ceux enregistrés d'août 2001 à 2002, 23.266 km2, mais inférieurs aux prévisions initiales du ministère de l'Environnement et d'organisations écologiques. "Même si le rythme de déboisements a freiné, il est encore élevé et intolérable, c'est pourquoi il faut commencer à le réduire", a déclaré la ministre de l'Environnement, Marina Silva, en présentant les résultats d'un rapport fait à partir d'images satellites. D'après elle, le plan national contre la déforestation en Amazonie lancé par le gouvernement en mars dernier "pourra commencer à faire baisser la courbe des déboisements". (FBX)


9 avril 2004                                       La mer qu'on voit danser, le long des golfes verts…

Ces jours-ci, se tient dans les locaux de l'Unesco, un grand symposium dont le sujet porte sur l'état des ressources halieutiques des mers et des océans. Il réunit trois cents savants du monde entier, qui sont tous d'accord, pour dire que nous allons vers une catastrophe (une de plus), si nous ne mettons
pas fin à la surpêche qui sévit sur toutes les étendues maritimes de la planète. A la sortie de la guerre de 39-45, Les prélèvements mondiaux s'élevaient à 20 millions de tonnes. Aujourd'hui, ils s'élèvent à 90 millions de tonnes, malgré la baisse considérable des réserves halieutiques. Ce maintien de la production s'explique par les " progrès " des techniques de pêche. On note déjà une stagnation des quantités pêchées depuis 1990, prélude à l'effondrement dramatique de la réserve qui pourrait avoir beaucoup de mal à se reconstituer.

Un autre danger vient s'ajouter à cette razzia. Depuis quelques années, une autre pêche a vu le jour, la pêche " minotière " qui consiste à capturer des espèces soi-disant non-commercialisables, pour en faire de la farine et des croquettes pour les fermes marines. Les prélèvements de ce type sont évalués à 28 millions de tonnes, par an. En fait, cette pêche ne fait pas la distinction entre espèces commercialisables ou non et surtout elle prive les espèces commercialisables, de nourriture. C'est donc une nouvelle folie qui se fait jour. On ne peut pas appeler cela autrement, d'autant que les élevages de poissons provoquent la sédimentation, autrement dit, la stérilisation des fonds marins sur lesquels ils sont installés. En outre, de récents reportages ont montré que ces élevages offrent les mêmes avatars que les élevages industriels terrestres : utilisation d'antibiotiques et de produits phyto-sanitaires très puissants, pour débarrasser les poissons des parasites qui pullulent, dans ces conditions.

Une dernière cause de l'effondrement annoncé des réserves halieutiques est la pollution des mers par tout ce que nous y rejetons et qui vient des terres, pour deux tiers de son volume. Cette pollution vient autant des produits que nous employons dans la vie courante, que de l'agriculture. Les molécules qui se retrouvent dans les cours d'eau, puis dans la mer, agissent comme des imposteurs hormonaux qui perturbent la reproduction des poissons.

Voilà où nous en sommes aujourd'hui. On vous dira qu'il faut bien nourrir une population qui augmente sans cesse. Lamentable contradiction, puisque l'augmentation de la population est précisément ce qui va entraîner la disparition des ressources qui la font vivre. Que fait la classe politique ? Elle ignore superbement cette réalité et préfère se chamailler à l'occasion des échéances électorales. Les élections Régionales ont donné un spectacle particulièrement navrant. Les candidats ont ressorti les vieilles lunes, comme celle de cette croissance qui détruit toujours un peu plus notre biotope, alors qu'il y aurait tant d'autres choses à faire A ce sujet, la gauche et la droite marchent la main dans la main et font preuve du même aveuglement. Quant aux dirigeants des Verts, invités des plateaux de télévision et des radios ils n'ont fait que du pathos social, pour ne pas fâcher leurs alliés socialistes.

Où nous conduira cette folie consumériste, si on n'y met pas fin, rapidement ? A la famine. En outre, si les poissons venaient à disparaître, le plancton qui ne serait plus mangé, se développerait sans contrainte. La mer et les océans prendraient une couleur verte et ils ne seraient plus parcourus que par d'immenses bancs de méduses. La crainte est, dit-on, le début de la sagesse. Tous les élus qui connaissent peu ou prou ces problèmes, devraient être verts de peur. Pas du tout : ils font comme si la pollution et la diminution de toutes les ressources de la planète, n'étaient que pure invention. La seule explication est qu'ils sont tellement affolés, à l'idée de perdre leur mandat (dans tous les sens du terme), qu'ils n'ont plus de neurones disponibles pour penser aux vrais problèmes.

Michel EVRARD
Génération Ecologie Haute-Savoie


9 avril 2004                                                 Des Chiffres durs à digérer

La consommation d’énergie primaire en France, est passée de 3,7 TEP, par an et par habitant, en 1973, à 4,3 TEP en 2003. Dans le même temps, la dette publique, celle de la Sécurité Sociale et le chômage ont augmenté de façon encore plus rapide. Ne serait-il pas temps de remettre en cause la « croissance-fuite en avant » que la droite et la gauche privilégient encore et toujours et dans un même élan ? En outre, la destruction de notre biotope liée à cette « croissance » se poursuit au rythme de 200 à 300 km2, chaque année, tandis que les agriculteurs sont obligés de répandre 11 millions de tonnes d’engrais artificiel et 85 mille tonnes de produits phytosanitaires, sans lesquels le tiers de la population devrait se mettre la ceinture ? Vos invités connaissent-ils tous ces paramètres ?

Michel EVRARD . GE haute Savoie, Retraité de l’Enseignement Agricole


29 mars 2004                        COMMUNIQUE de  PRESSE du PNUE (Programme des nations unies pour l’environnement)

    Les " zones mortes " apparaissent comme la grande menace du 21ème siècle pour les stocks de poissons (29 mars 2004)


Jeju/Nairobi, le 29 mars 2004 – Un nouveau rapport du Programme des Nations Unies rendu public aujourd’hui, révèle qu’il existe près de 150 zones dépourvues d’oxygène à travers les mers et les océans de la planète.

Ces zones, dites ‘mortes’, sont le résultat d’une surabondance de nutriments, surtout d’azote, provenant de fertilisants agricoles, de la pollution automobile et industrielle et de déchets. La quantité limitée d’oxygène dans l’eau provoque la mort des poissons, des huîtres et d’autres espèces marines ainsi que d’importants habitats dont les herbiers marins ne peuvent survivre.

Les experts affirment que le nombre et la taille des zones dépourvues d’oxygène sont en croissance, le nombre recensé ayant augmenté chaque décennie depuis les années 1970. Selon eux, ces zones deviennent rapidement une menace importante qui a des retombées sur les stocks de poissons et donc sur les communautés qui dépendent de la pêche pour leur survie alimentaire et économique.

La question des zones mortes est signalée dans le premier Global Environment Outlook Year Book (Annales de l’avenir de l’environnement mondial), qui sera présenté aux gouvernements participant au Forum ministériel mondial de l’environnement à Jeju (Corée)…

Dans certaines régions du monde, dont de nombreux territoires en Afrique, le manque d’azote entrave la capacité de fermiers à répondre aux besoins alimentaires. De telles régions ont désespérément besoin d’un apport supplémentaire de fertilisants. Toutefois, dans beaucoup d’autres pays du monde, l’utilisation excessive d’engrais chimiques aggrave le problème des zones mortes.

Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, a déclaré : « L’utilisation inefficace et souvent excessive de fertilisants, l’évacuation d’eaux usées et les émissions toujours croissantes des automobiles et des usines font de l’humanité le cobaye d’une expérience gigantesque à l’échelle mondiale. L’azote et le phosphore dérivés de ces sources sont déversés dans les rivières et sur le littoral et s’ajoutent aux dépôts provenant de l’atmosphère, déclenchant ces effets alarmants et parfois irréversibles. »

« Certaines de ces zones dites mortes, ou zones dépourvues d’oxygène sont relativement petites, d’une superficie de moins d’un kilomètre carré, alors que d’autres sont bien plus larges, s’étalant sur 70 000 kilomètres carrés. Il est évident que si des mesures ne sont pas prises pour régler urgemment le problème à la source, celui-ci ne fera que s’intensifier. »

« Des centaines de millions de personnes sont tributaires du milieu marin pour leur alimentation, leur moyen d’existence, et leur épanouissement culturel. Réduire les impacts de l’agriculture, des déchets humains et de la pollution atmosphérique sur les océans et les mers représentent un élément incontournable pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire et respecter le Plan de mise en œuvre du Sommet mondial sur le développement durable dans des domaines aussi divers que la pêche, la biodiversité, l’assainissement et la pauvreté. », a ajouté M. Toepfer.

L’apparition de zones au niveau d’oxygène artificiellement faibles est en corrélation étroite avec l’utilisation de fertilisants synthétiques en agriculture. L’azote est un des principaux composants de ces fertilisants.

Même si ils sont gérés avec attention, une grande quantité des fertilisants utilisés en agriculture persiste dans le sol d’où ils contaminent les rivières pour finir dans les mers.

Les fertilisants, souvent associés aux nutriments des eaux usées ainsi qu’aux gaz azotés de la circulation routière et des émissions industrielles transportés dans l’atmosphère et déposés en zone côtière, entraînent l’efflorescence de phytoplanctons, sorte de minuscules organismes marins.

La forte croissance puis la décomposition du phytoplancton absorbent une grande partie de l’oxygène présent dans l’eau de mer, appauvrissant ainsi les niveaux d’oxygène.

Parfois, les conséquences sont moindres. Dans d’autre cas, elles sont dramatiques, entraînant l’exode de poissons fuyant des eaux devenues « asphyxiantes » et la mort en masse d’espèces plus lentes et vivant en profondeur, telles que les palourdes, les langoustes, les huîtres et les escargots de mer.

Les coûts économiques engendrés par le phénomène des zones dépourvues d’oxygène sont inconnus, mais on peut estimer qu’ils sont considérables à l’échelle mondiale.

Les premières zones mortes sont apparues dans le Chesapeake Bay aux Etats-Unis, dans la Mer Baltique, le Kattegat, la Mer Noire et au nord de la mer Adriatique. D’autres ont été recensés dans les fjords scandinaves.

La zone morte la mieux connue se trouve dans le golfe du Mexique, fortement pollué par les nutriments et autres produits chimiques charriés par le Mississippi.

D’autres zones ont fait leur apparition en Amérique latine, en Chine, au Japon, en Australie du sud-est et en Nouvelle Zélande.

Dans certaines régions du monde, des mesures ont été adoptées afin de limiter le ruissellement de fertilisants et d’effluents provenant des sols.

Un accord concernant le Rhin en Europe, au titre duquel des pays se sont engagés à réduire de moitié les niveaux d’azote déversé, a réduit de 37 pour cent les apports d’azote dans la Mer du Nord.

Il y a toutefois lieu de s’inquiéter de l’émergence de nouvelles zones dépourvues d’oxygène dans certaines eaux côtières d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique, au fur et à mesure que l’industrialisation et l’adoption d’une agriculture plus intensive augmentent les rejets de nutriments.

Selon certains experts, le réchauffement planétaire, l’augmentation des précipitations et la hausse des températures qui s’ensuit, pourraient aggraver la situation. La recherche entreprise par une équipe du College of William and Mary de la Virginia Institute of Marine Science au Glocester Point (Virginie), dont le travail figure dans le GEO Year Book, indique que l’on peut craindre un bouleversement dans la répartition des pluies et un dédoublement des niveaux de dioxyde de carbone.

Dans certaines régions, cela pourrait ensuite conduire à un redoublement des déversements fluviaux dans les mers. On estime que le niveau d’oxygène dissous dans les eaux du nord du golfe du Mexique pourrait baisser de 30 à 60 pour cent suite à une augmentation de 20% du déversement des eaux de l’estuaire du Mississippi et une hausse des températures allant jusqu’à 4 degrés centigrade.

Les mesures à prendre pour réduire la menace doivent être centrées sur les sources de la surcharge en azote. Les gouvernements peuvent aujourd’hui choisir entre de nombreuses options, grâce en partie à une compréhension scientifique nouvelle de l’azote et de sa capacité à se répandre en cascades à travers l’environnement.

A titre d’exemple, les forêts et les prairies ont la propriété d’absorber l’azote en trop et de ralentir son trajet de la terre jusqu’aux rivières et aux mers. Planter plus de forêts et encourager la pousse de prairies dans certaines régions du monde pourraient être bénéfiques.

Affiner les techniques agricoles afin qu’une quantité inférieure de fertilisants soit gaspillée devrait être une autre option à prendre en considération. Elever le bétail dans les régions d’où proviennent leurs aliments pourrait apporter des bénéfices.

De nombreux animaux de fermes en Europe sont nourris au soja provenant d’Amérique du Nord et d’Amérique latine. Elever ces animaux dans les régions productrices de soja pourrait réduire l’exportation d’azote vers des régions telle que l’Union européenne où l’apport excessif d’azote constitue un problème important.

L’utilisation généralisée de technologies qui éliminent les éléments azotés des émissions automobiles, associée à l’adoption universelle de sources d’énergie alternative qui ne consomment pas de combustibles fossiles, sont quelques unes des autres mesures à prendre.

Un traitement plus efficace des eaux usées, ayant recours aussi bien à des procédés de pointe, tels que des usines de traitement d’eau, qu’à des procédés naturels tels que les aires marécageuses, réduirait non seulement le déversement de nutriments dans les eaux de mers, mais permettrait d’atteindre les Objectifs de développement du millénaire portant sur l’eau et l’assainissement.

              

Les points rouges sur la carte indiquent les zones où l’on observe un appauvrissement saisonnier de l’eau de mer en oxygène du fait des activités humaines

 

Pour obtenir des informations complémentaires, veuillez prendre contact avec Eric Falt, porte-parole et Directeur de la communication et de l’information du public du PNUE, au 254-20-623-292, ou au 254-733-682-656 ; ou encore par courrier électronique à l’adresse eric.falt@unep.org ; on peut aussi contacter Nick Nuttall, responsable des médias du PNUE, à Jeju au (82) 64 767 8616, ou au (82) 18 696 4195, ainsi que par courrier électronique à l’adresse nick.nuttall@unep.org; ou Tim Higham, Responsable régional de l’information, bureau du PNUE à Bangkok, au +66 2 288 2127 ou au +66 9 1283803, ainsi que par courrier électronique à l’adresse higham@un.org.

Communiqué de presse du PNUE 2004/14F


19 mars 2004                                                           Ex-ministre indonésien de l'Environnement,
                                                         Emil Salim a supervisé la Revue des industries extractives. Entretien.


Pourquoi la Banque mondiale doit-elle cesser de financer des projets pétroliers, gaziers et miniers ?

Le sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, a marqué un tournant. On a enfin dépassé 50 ans de développement conventionnel pour entrer dans l'ère du développement durable. Un développement qui n'est plus uniquement économique, mais basé sur un équilibre nécessaire entre les intérêts économiques, sociaux et environnementaux. Si ce paradigme change, la Banque mondiale (BM), premier acteur du développement, doit elle aussi changer. Après tout, elle n'est pas une banque commerciale, mais d'intérêt général. Et elle milite, comme le dit souvent James Wolfensohn, son président, pour "un meilleur équilibre". C'est d'ailleurs le titre de mon rapport. Il faut mettre du contenu derrière ce beau principe.

Une institution internationale n'a pas à financer, par ailleurs, des énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole, dont l'impact sur le réchauffement climatique est largement documenté. Entre la santé, l'éducation, les infrastructures, la Banque a un portfolio énergétique limité. Pourquoi 94 % de ses fonds sont-ils dévolus aux énergies fossiles et 6 % aux énergies renouvelables ? Pourquoi n'appuie-t-elle pas, par exemple, la Grameen Bank (pionnière de la microfinance, ndlr), qui finance des paysans pour l'achat de portables rechargeable au solaire ?

Vos conclusions sont jugées "coûteuses", "improductives" et "irréalistes" par l'industrie, les syndicats, la BM...

Mais qui bénéficie directement et indirectement de ces fonds ? BP, Shell, Chevron, Esso, Total, etc. Quels sont les pays qui ont réussi leur développement en s'appuyant sur l'industrie extractive ? Botswana, Oman, Malaisie. Et les 80 à 90 autres, les Nigeria, les Angola, les Congo ? La Banque mondiale a bien sûr multiplié les contrôles pour accepter de financer de tels projets, comme pour l'oléoduc Tchad-Cameroun. Où sont allés les 25 premiers millions de dollars dégagés par N'Djamena ? Dans des dépenses militaires. La difficulté, ce n'est pas de définir des règles de consultation de la société civile, de bonne gouvernance ou de conditions environnementales. La difficulté, c'est d'être capable d'assurer le suivi...

Les projets liés aux industries extractives peuvent-ils permettre de réduire la pauvreté dans le monde ?

Oui, à condition toutefois de développer un cadre, une gestion proactive, une transparence réelle qui bénéficient vraiment aux plus démunis. A condition que les communautés locales ou les populations autochtones donnent leur consentement préalable. Que des évaluations soient faites des impacts environnementaux, des rejets de résidus, de l'utilisation de substances toxiques. Que la liberté d'association et la liberté syndicale soient intégrées dans les projets et permettent le respect minimum des droits humains. La BM n'a pas les moyens de faire face à de tels engagements. Elle ne peut pas non plus faire comme dans les années 80, où elle a promu les investissements sur le pétrole, privatisé des pans entiers du secteur public, pensé en terme de gigantisme...

Mais la BM n'a jamais autant joué la carte du partenariat. Illusoire ?

Non. Sans dialogue avec la société civile, les ONG, tout développement réel est vain. La Banque, c'est un gros tanker, qui met du temps à changer de cap. Il y a une énergie au sein de la BM pour changer en profondeur. Mais aussi beaucoup de bureaucratie. Le problème, m'a confié Wolfensohn, c'est qu'il faut convaincre les directeurs exécutifs de changer de conception. Et les donneurs d'ordre, sont... les pays développés. Qui manient à merveille le double standard : de grands élans compassionnels dans les discours, et un statu quo dans les faits. Si les pays du Sud suivent le même modèle de développement que le Nord, il faudra trois planètes dès demain. Un Asiatique a besoin d'un hectare de ressources pour survivre, un Américain de 115 hectares !

Pourquoi votre rapport est-il à prendre tel quel ou à laisser ? N'est-ce pas le condamner à être rejeté ?

Non, c'est une question de cohérence et de consistance. Tous les éléments du dossier sont interdépendants, comme c'est le cas du développement durable : économie, social, environnement ont un destin lié. Ne pas voir cela, c'est justement condamner notre avenir.


26 février 2004                                                        Transports : cri d’alarme des défenseurs de l’environnement

 

Les défenseurs de l’environnement ont exhorté le Parlement européen à modifier les grands projets européens de transport afin de prendre en compte les préoccupations environnementales.

Cinq ONG renommées de défense de l’environnement ont mis les eurodéputés en garde contre les effets dévastateurs qu’auront les projets européens sur les espèces et habitats protégés.

Les trois projets épinglés par les militants concernent l’amélioration de l’axe fluvial du Rhin/Meuse-Main-Danube, l’érection d’un pont reliant l’île de la Sicile à l’Italie au-dessus du détroit de Messine, ainsi que la construction d’une autoroute à travers la Gorge de Kresna en Bulgarie.

Les projets seront tous financés sous le programme des réseaux transeuropéens (RTE) de l’Union.

« Nous ne voulons pas que des projets nuisibles à l’environnement soient approuvés. Notre message est clair et légitime. Un projet qui enfreint plusieurs actes communautaires est un mauvais projet pour l’Europe », a déclaré le porte-parole du WWF, Francisco Tavares.

« Le Parlement européen a l’occasion d’apporter les changements nécessaires à la proposition. »

Bien que les pays concernés par les projets en violation de la législation communautaire risquent d’être amenés devant la Cour européenne de justice, les ONG ont souligné que tout recours judiciaire prendrait de nombreuses années, durant lesquelles les projets seraient mis à exécution de toute façon.

Les gouvernements des États membres ont donné en 2003 le feu vert aux propositions de la Commission européenne qui apportent des modifications aux projets de réseaux transeuropéens.

La liste corrigée comprend 30 projets prioritaires transfrontaliers concernant les voies ferroviaires, terrestres et maritimes à travers l’Europe, qui doivent être mis en route d’ici à 2020, pour un coût s’évaluant à 600 milliards d’euros.
Ces plans sont actuellement examinés dans les grandes lignes par le Parlement européen, qui délivrera ses conclusions aux ministres européens des Transports en mars.

Les détracteurs affirment que la révision de la liste devrait permettre de mettre en évidence le transport durable. Ils appellent en outre les eurodéputés à garantir que la législation de l’Union sur l’environnement est sauvegardée.

Toutefois, un porte-parole de la Commission a mis en doute l’infraction de la législation communautaire dans le cas présent.

Il a déclaré que les conséquences sur l’environnement avaient déjà fait l’objet d’une évaluation en juillet et août derniers et que l’ensemble des commissaires avaient donné leur accord aux projets.

« Le collège a pris une décision et aucune inquiétude ne fut soulevée, d’autant que je sache, par quel que commissaire que ce soit, ni la commissaire à l’Environnement, ni les services juridiques d’ailleurs. »

Le porte-parole a ajouté que chacun des projets bénéficiait du soutien des gouvernements des États membres.

Traduction : Frédéric De Bock


23 février 2004                                                              La France trop frileuse (par Marion Festraëts)

Peu d'éoliennes, des équipements solaires rares, des méthodes de chauffage à revoir... En dépit du volontarisme affiché par les pouvoirs publics, la France accumule les retards dans ce dossier. Alors que le temps y est si précieux...

Il paraît que la maison brûle. Que la planète tousse, au bord de l'asphyxie et de l'insolation. Il paraît qu'il y a péril en la demeure Terre, menacée de réchauffement et de cataclysmes climatiques. Pourtant, depuis la conférence de Kyoto, en 1997, et l'adoption par 180 pays du protocole visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), peu de choses ont changé. En France, si les déclarations d'intention succèdent aux discours percutants prononcés dans les sommets internationaux, les actes se font attendre. Il y a un an, Jean-Pierre Raffarin fixait un cap ambitieux: réduire de 75% les émissions de GES à l'horizon 2050. Mais il n'a pas expliqué comment y parvenir.

Sortira ? Sortira pas ? Le plan Climat 2003 a d'ores et déjà sauté un millésime: promis pour l'an dernier par le Premier ministre pour succéder au Plan national de lutte contre le changement climatique (PNLCC) lancé en 2000 par le gouvernement précédent, il est repoussé de mois en mois. Même ajournement du côté du projet de loi d'orientation sur les énergies - la première du genre - dont la présentation en Conseil des ministres est sans cesse différée depuis la fin de 2003. Au cœur de ces deux chantiers, une même problématique, brûlante: l'énergie. Partagé entre, d'une part, la volonté de frapper fort pour faire la preuve de sa détermination et, d'autre part, sa répugnance à imposer des mesures impopulaires, le gouvernement tergiverse. Pendant ce temps, la France se laisse distancer dans le domaine, crucial, des énergies renouvelables. Alors que l'Allemagne et l'Espagne sont devenues les deux leaders mondiaux de la filière éolienne, avec respectivement 14 609 et 6 202 mégawatts de puissance installée, la France stagne à 239 MW, soit seulement 0,7% de la production d'électricité éolienne de l'Union européenne. Comment expliquer un tel écart? Quelle part les énergies renouvelables (EnR) peuvent-elles prendre dans la lutte engagée contre le réchauffement climatique? A l'heure où l'on envisage le remplacement du parc nucléaire vieillissant, comment entrent-elles dans une stratégie de développement durable? Et quelles sont leurs limites?

"On raconte que les éoliennes font fuir le gibier, les chauves-souris, les scarabées, on dit qu'elles sont bruyantes, qu'elles hachent les oiseaux en rondelles"

Elles sont 8 géantes, hautes de 60 mètres, agitant chacune leurs trois bras de 42 mètres dans la brise vendéenne, entre le marais et la mer, à deux pas des parcs à huîtres de Bouin. Chaque année, ce fleuron de l'énergie éolienne tricolore délivrera assez d'électricité - 20 MW - pour alimenter 20 000 foyers (hors chauffage). Inauguré par EDF en juin 2003, c'est le plus puissant parc français, 10% de la production d'électricité éolienne hexagonale à lui seul. Les projets de ce genre ne manquent pas: des centaines de dossiers attendent dans les préfectures de se voir délivrer un permis de construire. Mais les opérateurs et les industriels de la filière ne cessent de dénoncer la pesanteur et la complexité des procédures administratives. Electricité de France en tête - qu'on accuse pourtant fréquemment de barrer la route à l'énergie éolienne. Preuve de son intérêt pour la technique: elle vient d'ouvrir une ferme de 100 mégawatts aux Etats-Unis, avec sa filiale SIIF Energies. "Beaucoup de projets rentables n'arrivent pas à sortir", déplore Claude Nahon, directrice du développement durable et de l'environnement chez EDF. "Faute d'une politique volontariste et d'une pédagogie efficace, les décideurs locaux restent frileux, constate Alain Liébard, président d'Observ'ER, l'Observatoire des énergies renouvelables. Même le port d'Antifer, au Havre, qui n'a guère d'arguments esthétiques à mettre en avant, vient de refuser la construction de cinq éoliennes. Rien ne se réalise, mais tout le monde fait comme si c'était le cas."

De toutes les énergies renouvelables productrices d'électricité, l'éolienne est "la filière la plus mature et la plus rentable", confirme Stéphane Michel, conseiller technique de la ministre de l'Industrie, Nicole Fontaine. Pour l'heure, seul le vent permet de produire de l'électricité à grande échelle à un prix raisonnable. Principal frein aux projets d'implantation d'éoliennes: le phénomène Nimby, c'est-à-dire Not in my back yard, "Pas dans mon jardin". "On raconte que les éoliennes font fuir le gibier, les chauves-souris, les scarabées, on dit qu'elles sont bruyantes, qu'elles hachent les oiseaux en rondelles, égrène André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et de SIIF Energies. Ces accusations mensongères émanent le plus souvent de résidents secondaires, indifférents au développement local. Certes, les éoliennes ont un impact indéniable sur le paysage. Mais tout le territoire français n'offre pas que des panoramas grandioses!" Et de rappeler qu'on n'a pas fait tant d'histoires pour les 105 000 pylônes à haute tension qui hérissent l'Hexagone.

"Pas dans mon jardin"
Dans les départements qui ont mis en œuvre une politique volontariste en faveur de cette énergie, comme l'Aude - les 6 éoliennes de Souleilla, à Treilles, assurent la consommation annuelle de 10 000 foyers (hors chauffage) - ces récriminations sont de lointains souvenirs: "Les communes sont très demandeuses, confirme Alain Liébard. Non seulement elles en font un objet de fierté, mais aussi elles en retirent de la taxe professionnelle et de l'emploi local. A Goulien, dans le Finistère, le maire a doublé le budget municipal grâce à 6 éoliennes." Certes, l'électricité ainsi produite est intermittente. Mais cette discontinuité du flux ne lèse l'efficacité du réseau que lorsque la part de l'énergie éolienne atteint 20%. Quant au (léger) surcoût que leur implantation entraîne sur la facture d'électricité - EDF est tenue de racheter une partie de leur production aux opérateurs de parcs inférieurs à 12 MW, au prix de 0,07 euro le kW contre 0,03 euro pour le nucléaire - André Antolini le balaie d'un revers de la main: "La somme équivaut à ce qu'on gagnerait en coupant la veille des téléviseurs pendant une semaine par an."

Même les partisans du nucléaire conviennent des atouts de l'énergie éolienne: une ressource propre, efficace, à l'abri des aléas géopolitiques et des fluctuations des cours internationaux; ses infrastructures sont réversibles, aisément démontables, permettant de délocaliser la production d'électricité et donc d'amenuiser les pertes dues au transport sur le réseau. "Toutes les sources d'énergie doivent être développées, avec discernement et volontarisme", martèlent en chœur Nicole Fontaine et Roselyne Bachelot, respectivement ministre de l'Industrie et ministre de l'Ecologie et du Développement durable.

Une culture d'abondance énergétique
Las! "Au rythme actuel de développement de l'énergie éolienne, estime André Antolini, il nous faudra deux siècles pour atteindre les objectifs de 2010, c'est-à-dire passer de 239 à 10 000 mégawatts." De ce développement dépend pourtant la croissance des EnR, imposée par une directive européenne qui fixe à 21% leur part dans la consommation globale à l'horizon 2010 - contre 15% en 1997 et 12,3% en 2002, électricité produite à 95% par les barrages de la grande hydraulique. Michèle Pappalardo, présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), en convient: "Dans ce domaine, l'Allemagne a dix ans d'avance sur nous."

Pourquoi un tel retard? Principale raison invoquée: la France est trop propre. Sur le papier, c'est effectivement une bonne élève. Sa production électrique engendre moins de 5% de ses émissions totales de gaz à effet de serre (GES), grâce à son parc nucléaire (78,3% de la production en 2002). Les centrales à combustibles fossiles, génératrices de GES, ne représentent que 9,3% de la production d'électricité - contre 61,4% en Allemagne ou 80% au Danemark. Grâce à cette spécificité, la France n'a que de modestes efforts à fournir pour répondre aux objectifs de Kyoto: ramener ses émissions de GES à leur niveau de 1990. Bien campé sur ses centrales nucléaires, notre pays a cependant tardé à comprendre la nécessité de développer d'autres sources d'énergie. "On a toujours vu le développement des EnR comme une concession faite aux écolos, observe Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l'association Global Chance. Au contraire, l'Allemagne, l'Espagne ou la Grande-Bretagne ont un vrai discours économique sur ce sujet. Elles ont compris ce que ça pouvait leur rapporter en termes de création d'emplois et de dynamisme industriel." Car le tout-nucléaire, bien que n'émettant pas de CO2, présente toutefois quelques inconvénients: problème du retraitement et du stockage des déchets radioactifs, lourdeur et coût des infrastructures, centralisation de la production.

Surtout, bien loin des campagnes "anti-gaspi" des années 1970 et 1980, la France a laissé filer sa consommation d'électricité: celle-ci a doublé depuis 1975 et grimpé de 4% pour la seule année 2003. La faute à la multiplication des appareils électriques boulimiques, convecteurs et climatiseurs en tête. La faute aussi à l'insouciance qu'offre le luxe d'une électricité pléthorique et abordable: "A cause du nucléaire, nous avons vécu dans une telle culture d'abondance énergétique que nous avons oublié que l'électricité avait un coût financier et environnemental", explique André Antolini. Par ailleurs, on a laissé délibérément de côté des filières prometteuses dans les années 1970, comme le solaire photovoltaïque ou la géothermie.

Encore trop coûteux à fabriquer, les panneaux solaires photovoltaïques ne permettent pas d'envisager à court terme un développement à grande échelle: "Nos chercheurs travaillent avec le CNRS et Saint-Gobain sur des capteurs à très bon rendement, dont la faisabilité industrielle est envisageable avant 2010", annonce Claude Nahon. Le Japon et l'Allemagne ont pourtant d'ores et déjà investi dans la filière solaire: alors que la France produit 0,003% de son électricité à partir du soleil (15 GWh, principalement dans les DOM-TOM), le Japon en fabrique 0,1%, 593 GWh, et l'Allemagne s'apprête à inaugurer en juin prochain, près de Leipzig, la plus importante centrale solaire du monde, capable d'alimenter 1 800 foyers.

Autre technologie intéressante: la géothermie profonde, qui consiste à forer le sol à quelques milliers de mètres de profondeur pour y injecter de l'eau, l'extraire à 200 degrés et la transformer en électricité. A la pointe de la recherche mondiale, le site de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin), en Alsace, travaille en collaboration avec des poids lourds de l'énergie, comme EDF ou Shell, pour développer un projet industriel.

"La France bénéficie du plus grand "gisement" d'Europe en matière de vent, de soleil, de biomasse, insiste André Antolini. Il serait temps d'arrêter de le mépriser." En effet, si notre production d'électricité génère peu de GES, c'est loin d'être le cas d'autres secteurs, comme les transports (+ 20% en dix ans) et, surtout, l'habitat. Le dernier comité interministériel pour l'aménagement et le développement du territoire (CIADT) a mis l'accent sur le "non-routier": 75% du total des investissements devraient être consacrés aux projets ferroviaires - TGV en tête - fluviaux, maritimes ou aéroportuaires. De son côté, le plan Climat devrait reprendre à son compte certaines mesures du plan Véhicule propre, comme l'accentuation des aides pour l'achat de véhicules hybrides et l'augmentation des taxes sur le diesel, ainsi que le soutien à la recherche, balbutiante, en matière de biocarburants. Un plan devrait être exclusivement consacré à ce chapitre avant l'été 2004.

Dans le domaine du logement, le plan Climat devrait favoriser, par des coups de pouce fiscaux (crédit d'impôt, TVA réduite à 5,5%), les équipements utilisant des EnR, comme la géothermie ou le solaire thermique. Le 3 février, Roselyne Bachelot et son homologue allemand, Jürgen Trittin, annonçaient qu'ils souhaitaient porter à 20%, en 2020, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique (et non plus seulement électrique) globale de l'Union européenne. "C'est dans le domaine du chauffage que les EnR présentent le meilleur potentiel de développement", affirme Jean-Marc Jancovici, ingénieur- conseil, spécialiste des ressources énergétiques et des calculs d'émissions de GES. Le bois, dont la France est riche - la forêt occupe plus du quart du territoire national - est d'ores et déjà l'un des premiers modes de chauffage individuel de France, mais de nouvelles générations de chaudières permettraient également de chauffer des logements collectifs.

La géothermie basse température, outre ses qualités environnementales, présente le triple avantage d'être peu coûteuse (10% de moins que les énergies fossiles), indépendante des conditions atmosphériques et inépuisable. Pourtant, son usage a été délaissé depuis les années 1980. Installée dans les années 1970, elle chauffe cependant 83 000 logements en Ile-de-France, qui concentre plus de 90% de la production d'énergie géothermique française. En 2004, des travaux devraient être relancés pour desservir 6 000 logements à Villejuif. En attendant une vraie relance de ce système.

"On se cantonne à des mesures cosmétiques"
Pompes à chaleur et chauffe-eau solaires ont fait la preuve de leur efficacité. "Nous sommes sortis de l'esprit pionnier qui collait à l'image de ces équipements", estime Michèle Pappalardo. Ce qui n'empêche pas l'Autriche d'installer pratiquement 100 fois plus de chauffe-eau solaires que la France, pourtant nettement plus favorisée par le climat. Sur notre territoire, c'est... l'Alsace qui a mis en œuvre la politique la plus ambitieuse de développement des énergies solaires. Certes coûteuses, ces installations sont subventionnées par une multitude de coups de pouce - crédit d'impôt, TVA réduite, prime de l'Ademe souvent assortie d'aides des collectivités locales. Mais elles gagneraient grandement en lisibilité si elles étaient réunies en un guichet unique.

Les associations de défense de l'environnement dénoncent la frilosité des mesures envisagées dans les premières moutures du plan Climat: "Le gouvernement privilégie les accords volontaires plutôt que les dispositions réglementaires, tempête Laetitia de Marez, chargée de la campagne Climat de Greenpeace. On n'engage pas la politique de rupture nécessaire, on se cantonne à des mesures cosmétiques ou des aménagements de la tendance." Pour l'énergéticien Benjamin Dessus, l'un des grands chantiers à mettre en œuvre concerne l'habitat: "Les bâtiments construits avant les années 1970 consomment trois fois plus d'énergie que ceux bâtis depuis, mais représentent plus des deux tiers du parc français, explique-t-il. Chaque transaction devrait donner lieu à une rénovation obligatoire pour rendre ces logements efficaces énergétiquement." Au lieu de ça, le plan Climat prévoirait un simple certificat d'efficacité. Edouard Toulouse, chargé du dossier énergie au WWF (World Wildlife Fund), déplore de son côté l'abandon de l'écotaxe, prévue à l'origine dans le Plan national de lutte contre le changement climatique: "En taxant les entreprises sur leurs émissions de CO2, on les obligeait à repenser leur choix en matière d'énergie."

Mais le plus grand gisement d'énergie pourrait bien se trouver là où on ne le cherche pas. Dans nos modes de vie et nos gestes quotidiens. Dans les économies réalisables en mettant au rancart les équipements gloutons, en coupant la veille certains appareils électriques, en remplaçant convecteurs et climatiseurs par d'autres systèmes thermiques, en isolant correctement nos logements. En avril, le ministère de l'Industrie et l'Ademe devraient lancer une grande campagne d'information et de communication sur la maîtrise de l'énergie, un thème largement délaissé depuis les années 1980 et la chasse au gaspi entraînée par les chocs pétroliers des années 1970. Selon les scénarios des énergéticiens de l'association NégaWatt, en additionnant sobriété, efficacité et énergies renouvelables, sortir du nucléaire à l'horizon 2050 devient même envisageable, sans saut technologique majeur. "Si nous ne décidons pas aujourd'hui d'être sobres énergétiquement, nous y seront forcés à moyen terme par le tarissement inéluctable des ressources fossiles et inévitables troubles géopolitiques qu'elle engendrera", prévient Jean-Marc Jancovici. Le XXIe siècle sera économe ou ne sera pas...

Post-scriptum
Météo France prévoit qu'en 2100 le réchauffement climatique se traduira par une hausse moyenne de 3 à 4 degrés des températures et de 15 à 20% des précipitations.

(L'Express du 23/02/2004)


22 février 2004                                                                 Message d' Hervé Marro (Comité Betancourt)

Bonjour à toutes et à tous!

Je vous écris car comme vous le savez peut-être, le 23 Février prochain, cela fera 2 ANS qu'Ingrid Betancourt a été enlevée par les FARCs. Un anniversaire de plus. Un anniversaire de trop. Il est grand temps que cette tragédie colombienne en finisse. Car aux côtés d'Ingrid, ce sont 3000 autres otages qu'il y a dans la jungle colombienne. Il est grand temps qu'eux aussi soient enfin libérés.
Parmi eux, on trouve de tristes records : un homme est ainsi détenu depuis 7 ans... Avons-nous le droit de laisser faire ? Il est grand temps que le Président Colombien, Alvaro Uribe, et tous les groupes terroristes de Colombie (FARCs, ELN, Paramilitaires) passent à la table des négociations pour trouver une solution à un de ces problèmes qui pourrit la Colombie... Car d'autres problèmes la pourrissent : la corruption de ses dirigeants, le narcotrafic opéré par les groupes terroristes et qui expulse les paysans de leurs terres pour y cultiver la coca, l'inexistence de libertés fondamentales (liberté pour la presse de s'exprimer sans crainte de mourir pour le journaliste, liberté d'action politique ou syndicale, liberté de s'exprimer sans avoir à avoir peur pour ses proches ou soi-même,...),...

IL EST PLUS QUE JAMAIS TEMPS QUE LA COLOMBIE NOUS ENTENDE ET SURTOUT SON PRESIDENT QUI REFUSE UN ACCORD HUMANITAIRE PERMETTANT DE LIBERER LES OTAGES.

Pour cela, à l'occasion des deux ans de la séquestration d'Ingrid, nous allons manifester un peu partout dans le monde pour demander sa libération et celle de tous les otages. Les 21, 22 et 23 Février ont
été baptisés JOURNEES MONDIALES DES SEQUESTRES. Voici les endroits où vous pourrez vous rendre pour manifester votre soutien à cette cause :

EN FRANCE :

PARIS : Le 22 Février, Marche de soutien à Ingrid et aux 3000 otages avec pour départ le parvis du Trocadéro (Métro Trocadero) à 14 H30 et en présence de Mélanie Delloye Betancourt, fille d'Ingrid Betancourt

NICE : Le 22 Février, Affichage du drapeau colombien sur la devanture de Negresco par la direction de l'hôtel en signe de solidarité

CAEN : Le 23 Février, Rassemblement de 11H00 à 12H30 devant le Mémorial de Caen

BESANCON : Le 21 Février, Stand d'information et d'action sur l'Esplanade des Droits de l'Homme de 10H00 à 18H00

EYGALAYES (DRÔME) : Le 22 Février, Tri du courrier destiné aux otages à 11H30 sur la Place Ingrid Betancourt

BORDEAUX : Le 23 Février, Rassemblement sur la Place Gambetta de 9H30 à 18H30

MONTPELLLIER : Le 21 Février, Stand d'information et d'action de 10H45 à 18H30 sur la Place de la Comédie GRENOBLE : Le 21 Février, le Petit Train de la ville sillonera la ville de 14H00 à 18H00 et stationnera sur toutes les grandes places. Si vous voulez être du voyage, RDV à 14H00, Place Grenette

NANTES : Le 21 Février, Stand d'information et d'action et Projection d'un reportage sur Ingrid à la FNAC de 10H00 à 20H00

CLERMONT-FERAND : Le 21 Février, Stand d'information et d'action sur la Place des Victoires de 10H00 à 18H00

LE MANS : Le 23 Février, Rencontre/échange et Stand d'action de 15H00 à 19H00 à l'Espace associatif Philippe Goude (Place des Comtes du Maine)ROUEN : Stand d'information et d'action le 21 Février de 10H00 à 18H00 sur la Place du Vieux Marché et le 21 Février de 10H00 à 12H00 sur le Parvis de la Cathédrale

DANS LE MONDE :

BARCELONA : El 21 de Febrero, Concentracion en el Parque de la Ciudadella, 17H00-20H00

BOGOTA : El 21 de Febrero, Concentracion en Cra 7 entre calles 62 y 63.Bogotá D.C

BRUXELLES : Le 21 Février, Rassemblement sur la Place de la Monnaie entre 11H00 et 15H30

DAKAR : Le 21 Février de 17H00 à 22H00 à Pinine Dakar, "Faites connaissance avec Ingrid Betancourt". Le 22 Février de 9H00 à 12H00, Match de Football entre quatre équipes pour marquer l'attachement de la jeunesse à la cause d INGRID, et à 17H00, Conférence "Ingrid Betancourt, otage du monde" de Maitre Thioye, Avocat au barreau de Dakar

DUBLIN : 21th February, 11H00-16H00, on the railings of Stepen's Green main entrance. The Aeropostale Campaign whereby bilingual letters of support for families of the hostages in Irish/ English/French/Spanish/Italian can be signed by the public.GALWAY : 21 February - 11 am to 4 pm, at the Amnesty International shop : 2-3 Middle Street, there will be an information stand on
Colombia, hostages and Ingrid Betancourt

LEUVEN : 22 februari 2004, van 9 tot 13 uur, De zondagsmarkt van Heverlee, Infostad en verkoop van boeken(“ woede in het hart “ van I.Betancourt), van papieren rozen en anjers (gemaakt met kinderen in
samenwerking met ons comite), de actie Aéropostale 3000

LIEGE : Le 21 Février, de 10H00 à 18H00, en Vinâve d'Île, Stand d'information et d'action

MONTREAL : Le 23 février, Coin St-Denis et De Maisonneuve, Marche de soutien à 19H00

ROME : Le 24 février, sit-in devant le Palais de la Chambre des Députés

SEVILLA : El 21 de Febrero, en La Campana, Concentracion y Stand de Informacion e accion

J'espère que vous pourrez être présent lors d'une de ces manifestations. Pour plus d'infos, allez sur http://www.betancourt.info. Et si vous voulez nous aider, n'hésitez pas à rejoindre les comités de soutien, vous en trouverez la liste sur le même site. IL FAUT QUE LA LIBERATION S'OPERE AU PLUS VITE. TOUS ENSEMBLE POUR INGRID ET LES 3000 OTAGES!

A bientôt !

Hervé Marro, Comité de Paris
herve.marro@laposte.net
06.88.79.11.23.


11 février 2004                                           Espèces menacées - La France en première ligne dans les Dom Tom

La France abrite 10% des récifs coralliens mondiaux, 20% des atolls et plus de 7 millions d'hectares de forêt tropicale dans ses collectivités d'outre-mer, ce qui lui donne une responsabilité particulière dans la protection de la diversité biologique, enjeu d'une conférence internationale à Kuala Lumpur (Malaisie).

"La plus grande partie des richesses biologiques se trouve dans des pays pauvres, alors que la France a des moyens conséquents", relève le directeur du comité français de l'Union mondiale pour la nature (UICN), Sébastien Moncorps. Il juge "la France très en retrait par rapport à ses engagements internationaux". La France s'est engagée, comme tous les pays de l'Union européenne, à stopper en 2010 la destruction de la biodiversité, qui désigne la richesse des espèces animales ou végétales. Elle présentera à Kuala Lumpur les grandes lignes de sa "stratégie nationale pour la biodiversité".

Les collectivités d'outre-mer comptent 100 fois plus de poissons d'eau douce, 26 fois plus de plantes, 60 fois plus d'oiseaux que la métropole. Mais on y recense un seul parc national, en Guadeloupe, le dernier créé par la France, en 1989. Les parcs de la Réunion et de Guyane sont en projet depuis des années. Pendant ce temps, c'est l'hécatombe. Depuis 400 ans, il y a eu 60 fois plus d'extinction d'espèces outre-mer qu'en métropole, selon l'UICN.

Les forêts sèches qui s'étendaient autrefois le long des côtes ont quasiment disparu. C'est le cas de 90% des forêts côtières à la Réunion. En Nouvelle Calédonie elles n'occupent plus que 1% de leur surface initiale, conduisant à l'extinction d'une bonne centaine d'espèces de plantes. Celles de Mayotte ne représentent plus que 3% de la surface de l'île. 36% du front de récif de Mayotte est mort ou très dégradé, relevait une étude de 1997.La Nouvelle-Calédonie est le deuxième foyer le plus riche en espèces endémiques (propre à une région) après Madagascar. Le dossier du classement des coraux au patrimoine de l'Unesco a pourtant été retiré par le gouvernement, sous la pression d'élus locaux. En Guyane, la France abrite la seule forêt tropicale de l'UE. L'exploitation de l'or y fait des ravages. Les sites d'orpaillage clandestins se sont multipliés depuis 4 ans avec le quasi doublement des prix de l'or. Des orpailleurs opèrent jusque sur la réserve naturelle des Nouragues, une des rares aires protégées de Guyane.

Le gouvernement a relancé le projet de parc national en Guyane, enlisé depuis 15 ans. Mais il prépare aussi une réforme qui autoriserait l'activité industrielle dans les parcs nationaux, un "non sens" selon un spécialiste. Les 1.100 indiens Wayanas de Guyane sont les premières victimes de l'orpaillage. Le mercure utilisé pour agglomérer l'or (1,3 kg de mercure pour 1 kg d'or produit) est rejeté à raison de plusieurs tonnes par an dans les fleuves. Il se concentre dans l'organisme des poissons, base de l'alimentation amérindienne. Le mercure peut entraîner chez l'homme des troubles neurologiques graves, voire des malformations du foetus.

"Tous ces faits sont connus des autorités", déplore Michel Jégu, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement. Le sud de la Guyane est selon lui un "no man's land, un Far West, où l'Etat n'assure pas la protection de l'environnement, ni même la sécurité des populations amérindiennes". "On se gargarise avec notre biodiversité en Guyane Française", dénonce Pierre-Michel Forget, spécialiste d'écologie au Museum d'histoire naturelle. "On se lamentera bientôt sur sa disparition", lance-t-il, désabusé.

Source : © AFP


9 février 2004                                                      L'UE veut lutter contre la perte de biodiversité (Belga)

BRUXELLES 09/02 (BELGA) = La Commission européenne va s'employer à faire adopter des mesures concrètes pour freiner la perte de la diversité biologique, a annoncé la commissaire à l'environnement Margot Wallström, alors que s'ouvre à Kuala Lumpur une conférence internationale sur la question. La Commission espère parvenir à un accord sur la mise en place d'un réseau mondial de zones protégées, sur des indicateurs permettant de mesurer la biodiversité, ainsi que sur le renforcement de l'accès aux ressources génétiques et du partage équitable des avantages résultant de leur utilisation, a-t-elle indiqué. La diminution de la diversité biologique est à l'heure actuelle difficilement mesurable. On estime toutefois que plus de 12.000 des quelque 1,75 millions d'espèces recensées sont menacées. D'après la Commission, 42 pc des mammifères européens, 15 pc des oiseaux, 45 pc des papillons, 30 pc des amphibiens, 45 pc des reptiles et 52 pc des poissons d'eau douce sont menacés, tandis que de nombreux écosystèmes ont été perdus et que de nombreux autres sont en danger. La conférence de Kuala Lumpur (9-20 février) est la 7e des 188 parties à la convention sur la diversité biologique (CDB). Les 25 Etats membres de l'UE élargie en font partie, au contraire des Etats-Unis, qui n'ont pas encore ratifié le texte. (DAM)                                                                                                                                                        


9 février 2004                                               L’estuaire de la Seine, laboratoire naturel de l’Institut européen des risques

« Nous voulons créer une nouvelle dynamique économique qui soit au service d’un territoire et de l’environnement » a déclaré Nicole Ameline , présidente de l’Institut Européen des Risques (IER) à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue à la CCI de Honfleur, siège provisoire de l’association crée au printemps 2001 par le Conseil régional de Basse-Normandie et qui réunit les administrations de l’Etat, des collectivités territoriales, des universitaires et des entreprises industrielles. S’inscrivant dans une perspective de développement durable, l’IER se veut une structure d’aide à la décision et d’appui méthodologique aux acteurs du territoire qui ont la charge de son aménagement ou qui doivent gérer les risques majeurs engendrés par les activités humaines.

L’IER a choisi l’estuaire de la Seine comme espace de référence car il concentre sur quelques kilomètres carrés à la fois une forte population, un écosystème fragile et toute une palette d’activités industrielles, énergétiques et de transport maritime. « Alors que jusqu’ici la gestion du risque se fait de façon verticale de l’Etat vers les entreprises, nous voulons privilégier une vision horizontale qui rassemble l’ensemble des partenaires sans distinction de limites administratives car les risques ne connaissent pas les frontières » souligne la présidente. L’objectif affiché est d’utiliser « ce laboratoire naturel » qu’est l’estuaire comme plate-forme de recherches qui servirait de référence à l’ensemble des estuaires du monde En octobre 2003, l’IER a été retenu par le ministère de l’Ecologie en tant que coordinateur d’un projet de recherche baptisé « les nouvelles formes d’inscription territoriale des risques industriels » dans le domaine des sciences humaines et sociales.

L’IER dispose désormais d’une équipe de quatre permanents dirigés par Patrice Roux-Caillebot


9 février 2004                                                                    Airparif : pollution aux abords de Roissy                              

Selon une étude de l'association, l'impact des activités de l'aéroport parisien peut atteindre annuellement jusqu'à 20% pour la pollution à l'azote.
L es activités de l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle ont un impact sur la qualité de l'air, qui peut atteindre annuellement jusqu'à 20% pour la pollution au dioxyde d'azote au plus près de la plate-forme, selon une étude menée par Airparif.
Pour répondre aux riverains des grands aéroports et des collectivités locales qui s'inquiètent depuis quelques années des effets de la proximité d'une plate-forme aéroportuaire sur la qualité de l'air, l'association Airparif, qui mesure la teneur en polluants en Ile-de-France, a engagé un programme d'étude autour des aéroports du Bourget et de Roissy, au nord de Paris.
Révélés dans le Journal du Dimanche, les premiers résultats de l'étude qui devaient être initialement publiés mardi, ont été communiqués dimanche à la presse.
L'étude note que les niveaux de dioxyde d'azote à la périphérie de l'aéroport de Roissy, à cheval sur les départements de la Seine-Saint-Denis, du Val d'Oise et de la Seine-et-Marne, se sont révélés "élevés par rapport à leur environnement essentiellement rural et à leur éloignement du coeur de l'agglomération". Toutefois ces niveaux sont "très variables", en raison du régime de vents aux abords de Roissy. Le dioxyde d'azote est un polluant émis par les moteurs à combustion.

Pas perceptible au delà de 4 km


Reste que des "niveaux de fond de dioxyde d'azote supérieurs de 20% à ceux observés au coeur de l'agglomération parisienne, historiquement les plus élevés d'Ile-de-France, ont ainsi été ponctuellement observés", selon l'étude, qui précise toutefois que l'impact des émissions aéroportuaires sur la qualité de l'air n'est "pas perceptible au-delà de quatre kilomètres à partir de la limite extérieure de la plate-forme".
L'impact aéroportuaire a également été mis en évidence pour le monoxyde d'azote et le monoxyde de carbone "malgré les faibles niveaux observés lors de l'étude". En revanche, pour le benzène, aucun impact lié au fonctionnement de l'aéroport n'a été décelé.
Par ailleurs, l'étude n'a pu définir si l'impact sur la qualité de l'air est dû aux avions ou au trafic routier. "Faute de traceur spécifique et du fait d'une évolution très similaire en volume du trafic routier et des mouvements aériens au cours de la journée, il n'a pas été possible, dans l'évaluation de l'impact global des activités aéroportuaires, de déceler un impact caractéristique des seuls mouvements aériens".

"Risque non négligeable"

Pour le dioxyde d'azote, l'étude conclut qu'il existe même dans les zones rurales à la périphérie de la plate-forme de Roissy un "risque non négligeable" de dépassement de l'objectif de qualité annuel de 40 microgrammes/mètre cube, jusqu'à une distance de quelques kilomètres, "lorsque les vents dominants placent ces zones sous le panache des polluants émis par l'aéroport".
En revanche, l'impact du Bourget, aéroport dédié à l'aviation d'affaires dont le nombre de mouvements aériens est dix fois plus faible que Roissy, s'est avéré "impossible à identifier clairement" en raison de "l'imbrication de l'aéroport au sein même de l'agglomération parisienne et d'un réseau routier local très dense".
Pour étudier le secteur du Bourget et de Roissy-Charles-de-Gaulle qui ont enregistré à eux deux près de 560.000 mouvements aériens en 2002, Airparif a mené une étude en trois phases. Lors de la dernière phase, deux campagnes de mesures intensives d'une durée de six semaines ont été réalisées avec le soutien de 54 communes dans un domaine de cinq kilomètres autour des deux aéroports, entre mi-janvier et mi-février et fin mai et mi-juillet, avec environ 200 sites de mesures provisoires.

Travail d'inventaire

En parallèle, des mesures en continu ont été effectuées à l'aide de quatre laboratoires mobiles placés aux quatre points cardinaux de la périphérie de la plate-forme de Roissy.
Dans une autre étude, Airparif a conduit un travail d'inventaire des émissions franciliennes pour 2000 qui permet d'évaluer que le trafic aérien contribue à hauteur de 4% des émissions régionales d'oxydes d'azote soit l'équivalent "des émissions de dioxydes d'azote générées par les activités d'incinération des ordures ménagères dans la région. A lui seul, le trafic aérien de Roissy émet des tonnages d'oxydes d'azote et de composés organiques volatiles comparables à ceux générés par le trafic automobile du boulevard périphérique", conclut Airparif. (AP)
            

NOUVELOBS.COM


29 janvier 2004                                          Le Cameroun veut rapatrier ses gorilles de Malaisie

Yaoundé, Cameroun, 29/01 - Le gouvernement camerounais a lancé, mardi, un appel à la communauté internationale pour l`aider à rapatrier quatre gorilles, exportés frauduleusement en Malaisie par des touristes de ce pays, a appris la PANA de source proche du ministère de l`Environnement.

"L`alerte est venue l`année dernière des responsables du jardin botanique de Limbé qui ont signalé que quatre gorilles des forêts camerounaises, exportés frauduleusement via le Nigeria, se sont retrouvés au jardin zoologique de Taipon, en Malaisie", a expliqué un officiel camerounais, qui a requis l`anonymat.

"Après des tests ADN, il a été prouvé que les gorilles concernés sont d`origine camerounaise, mais la partie malaisienne veut rapatrier ces animaux vers l`Afrique du Sud. Or, les autorités de ce pays affirment que cette espèce n`existe pas dans leurs forêts", a-t-il ajouté.

Selon lui, la démarche du gouvernement camerounais répond au souci de respecter la Convention sur les espèces en danger (CITES), dont il est signataire.


29 janvier 2004                                                     Communiqué de presse PNUE/101

Robert Hepworth, Responsable de l'initiative de partenariat du GRASP dont le siège est au sein du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) à Nairobi (Kenya) a déclaré: "Cette livraison apportera une aide essentielle aux départements chargés de la conservation de l'environnement dans ces pays et renforce la capacité de ces départements, un objectif clé du GRASP."

Selon David Jay de la Born Free Foundation: " La générosité de DHL nous a permis de nous approcher un peu plus de notre objectif qu'est d'assu