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27 décembre 2005 Scepticisme des « Turchini »
A la suite de l'article Corse-Matin du 12 décembre traitant de la dette bancaire agricole, Pierre- Noël Tucci, responsable Génération Ecologie-Les Bleus.« i turchini » pour la Corse a tenu à apporter quelques précisions : « Tout d'abord quelques chiffres significatifs révélateurs de l'évolution du monde agricole: au 30 juin, le Crédit agricole ne compte plus que 1530 clients, dont plus de 981 connaissent un retard de paiement…
Dans le contexte actuel si il est clair, comme l'a affirmé M. le préfet, que le système d'octroi des prêts est à incriminer , il est tout aussi clair que ce système a été mis en place par des hommes …
Pour mémoire, rappelons que le protocole « Hirel » a été signé en dépit de la délibération 02/72AC du 22 mars 2002 qui précisait: - «Assainir la situation implique le traitement global de l’endettement des exploitants » Le principe retenu à l'époque était judicieux dans la mesure où il tenait compte de la dette dans sa globalité avec pour souci la capacité de remboursement de l’exploitant. Si l'on étudie maintenant ce protocole dans les détails on remarque : Premièrement, que certains points laissent perplexe, dont un en particulier, article 5 « conditions d'éligibilité
« Ne sont pas concernés les exploitants agricoles pour lesquels un contentieux judiciaire est en cours... Autrement dit, la banque a eu tout le temps et toute latitude pour évincer de la dite mesure les dossiers qu'elle souhaitait.
Deuxièmement, Article 9: « Si la commission considère que l'exploitation est non viable, elle orientera l'agriculteur vers un plan de reconversion » Aucune précision n’est apportée à ce sujet, les signataires ont signé un chèque en blanc, et tant pis pour les laissés pour compte.
Aussi, i turchini, pour toutes ces raisons, affirment que le protocole« Hirel » est tout simplement une opération politico-médiatique gouvernementale (...)
En conclusion, on peut dire que l'avenir du monde agricole est compromis; quant au coin de ciel bleu promis aux agriculteurs corses par M. Sarkozy, il s'avère être un mirage. »
Pierre-Noël Tucci Responsable de Génération Ecologie Les Bleus pour la Corse
21 décembre 2005
Restez calmes en lisant ce qui suit : SNCF
Autres privilèges : gratuité des
transports pour les agents et leur famille, ET ON LAISSE
FAIRE...
Pour les sédentaires qui n'avaient
droit à aucune prime,
21 décembre 2005 Les « dessous » du biocarburant
L’huile de colza ou de tournesol représente un certain intérêt pour les engins agricoles, à condition d’être produite après une prairie temporaire qui a eu le temps de se recharger en carbone et en azote et qui peut se passer d’engrais artificiel et éventuellement de traitement phytosanitaire. Sinon, le bénéfice est largement entamé, pour ne pas dire plus. Le diester et l’éthanol affichent un bilan nul, si ce n’est négatif. Une récolte normale de betteraves se situe aux alentours de 100 tonnes à l’hectare. Mais pour obtenir ce résultat, il faut utiliser 400 kg d’engrais artificiel (fortement assaisonné d’oligo-éléments), dans les plaines où se pratique la monoculture. Les engrais artificiels sont, en grande partie, tirés des hydrocarbures (usine AZF). Il faut au total, presque 2 TEP (tonne équivalent pétrole) pour en produire 1 tonne. On en consomme 10 à 12 millions de tonnes, chaque année, en France. Voilà pourquoi on peut mettre 7 à 8 millions d’hectares en jachère et malgré tout, avoir des excédents agricoles sur les bras. Le fonctionnement des engins agricoles pour une campagne de culture nécessite environ 200 litres de gazole. Au total, cela donne 1 TEP à l’hectare dont 50 % au moins est constituée d’hydrocarbures. Pour obtenir du moult, il faut lancer la fermentation, nouvelle dépense énergétique qu’il est difficile de chiffrer, mais qui n’est pas la plus importante. Ensuite, il faut distiller ce moult en le portant à une température voisine de 100°. Là, ça fait mal, attendu qu’il faut entre 10 et 15 litres de moult amenées à cette température, pour obtenir 1 litre d’éthanol. La dépense est peu ou prou de l’ordre de 0,4 litre équivalent fuel, par litre d’éthanol produit Il faut tenir compte de la dépense énergétique engendrée par la construction de l’usine, du matériel agricole et de leur entretien. Quand on a inclus toutes ces dépenses, on se rend compte que non seulement, ce type de production n’est pas rentable sur le plan énergétique, mais qu’il génère aussi pas mal de la pollution. Il serait donc plus logique de pousser les gens à faire des économies de combustible fossile, en taxant férocement les véhicules personnels rejetant plus de 200 gr de C02 au kilomètre, sauf dérogation pour raison professionnelle ou familiale, en limitant les courses d’engins motorisés qui sont une caricature du vrai sport et en cessant de subventionner outrageusement le transport aérien. En même temps, il faudrait promouvoir davantage encore, l’installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques. Je roule avec une voiture de 12.000 euros, relativement économe en carburant et en coût d’entretien, alors que mes moyens financiers me permettraient d’en avoir une plus chère. J’ai préféré mettre une partie de la différence de prix, sur une installation solaire thermique originale qui commence à faire des émules et dont je m’apprête à doubler la puissance. Je suis gagnant sur tous les plans et c’est déjà un petit geste pour la planète, comme dirait Evelyne Dhéliat. Voilà ce qu’il faut faire pour assurer l’approvisionnement de l’agriculture en carburant fossile ou relativement écologique sous forme d’huile pressée à la ferme. Le bilan énergétique sera positif, alors que la production du diester ou de l’éthanol nous enfonce toujours un peu plus dans le royaume d’Absurdie. Il faut penser en terme de bilan énergétique, de pollution et rien d’autre. Les prix, on en fait ce qu’on veut. En outre, il faut promouvoir une vaste réforme des pratiques culturales, car l’agriculture « moderne » consomme beaucoup plus de calories qu’elle n’en produit. Tout notre alimentation est sous perfusion d’hydrocarbures. Mais il faut faire vite, pour que nous ne soyons pas coincés, quand ceux-ci deviendront réellement chers et rares par le fait même. Les solutions sont prêtes à l’emploi. Le problème est que nous devrons nous battre contre des lobbies tout puissants et contre nos mauvaises habitudes.
EVRARD Michel. Retraité de
l’Enseignement Agricole (matière générale)
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